malice

malice [ malis ] n. f.
• déb. XIIe; lat. malitia « méchanceté »
1Vx ou littér. Aptitude et inclination à faire le mal, à nuire par des voies détournées. malignité, méchanceté. « La meilleure [femme] est toujours en malice féconde » (Molière). Mod. Loc. Il est sans malice, sans méchanceté. J'ai dit ça sans malice, sans songer à mal. Ne pas entendre malice à qqch., n'y rien voir de mal.
2(1667) Mod. Tournure d'esprit d'une personne qui prend plaisir à s'amuser aux dépens d'autrui. Un grain de malice. Une pointe de malice et de moquerie. Réponse pleine de malice. esprit, raillerie. « une malice secrète qui fit un instant briller ses yeux » (Bernanos).
Vieilli Parole, action malicieuse. Dire, faire des petites malices. facétie, plaisanterie.
3Loc. Boîte à malice, à attrape; fig. ensemble de moyens secrets, de ruses dont une personne dispose. — Sac à malice : sac des prestidigitateurs; fig. ensemble des ressources, des tours dont qqn dispose.
⊗ CONTR. Bénignité, bonté, innocence, naïveté.

malice nom féminin (latin malitia, nature mauvaise) Penchant à dire ou à faire des taquineries excluant la méchanceté. ● malice (citations) nom féminin (latin malitia, nature mauvaise) Anne Thérèse de Marguenat de Courcelles, marquise de Lambert Paris 1647-Paris 1733 Il faut bien plus d'esprit pour plaire avec de la bonté qu'avec de la malice. Lettres, à la supérieure d'un couvent malice (expressions) nom féminin (latin malitia, nature mauvaise) Ne pas entendre malice à quelque chose, le faire innocemment. ● malice (synonymes) nom féminin (latin malitia, nature mauvaise) Penchant à dire ou à faire des taquineries excluant la...
Synonymes :
- espièglerie

malice
n. f.
d1./d Vx Inclination à nuire, à mal faire avec adresse et finesse.
|| Mod. Il ne faut pas entendre malice à ses plaisanteries, il ne faut y voir aucune intention de blesser.
Un homme sans malice, simple et bon, un peu naïf.
|| (Réunion) Syn. de méchanceté (sens 2); pratique magique.
d2./d Disposition à l'espièglerie, à la taquinerie. Enfant plein de malice.

⇒MALICE, subst. fém.
A.— THÉOL. CATH. Pouvoir de l'esprit du mal. D'autre part, Jahvé a aussi autorisé sur les nations païennes, puisqu'il envoie Jonas annoncer à Ninive que la malice de cette ville est montée devant lui (Théol. cath. t. 4, 1re part., 1920, p. 1005) :
1. C'est ainsi que la malice, qui le poursuivit d'ailleurs sans relâche jusqu'au dernier jour, réussit alors contre le misérable prêtre la plupart de ses entreprises.
BERNANOS, Soleil Satan, 1926, p. 162.
B.— Disposition d'esprit à faire le mal par des voies insidieuses. La malice humaine. Les volontés ne peuvent être ici mises en cause; l'erreur [de la guerre] vient de plus loin que la malice des hommes (PROUDHON, Guerre et Paix, 1861, p. 322) :
2. Aux besognes régulières avaient succédé les avaries des sens et de honteux souvenirs l'assaillaient en foule; il se rappelait la recherche de monstrueuses fraudes, la poursuite d'artifices aggravant la malice de l'acte; et les complices, les agentes de ses déchéances défilaient devant lui.
HUYSMANS, En route, t. 2, 1895, p. 62.
Sans malice; sans y entendre, y mettre (aucune) malice. Sans méchanceté, sans mauvaise intention. Elle fit réponse que c'était celle qui naissait de la pudeur sur le visage des hommes simples et sans malice (JOUBERT, Pensées, 1824, p. 397).
Ne pas entendre malice à. Ne voir aucun mal à. Parfois, on est obligé de faucher le cimetière (...) alors, c'est la jument du curé qui mange le foin. Le village n'y entend pas malice (ZOLA, Nouv. Contes Ninon, 1874, p. 164).
Ruse, fourberie qui témoigne de cette disposition d'esprit. La Rochefoucauld (...) C'est un gaillard qui est tout confit en malices (MÉRIMÉE, Chron. règne Charles IX, 1829, p. 177). Oui, jouez l'étonné, pour me faire croire que vous ne leur avez pas écrit de venir? Cette malice cousue de fil blanc! (BALZAC, Rabouill., 1842, p. 426) :
3. Il y en avait d'autres qui faisaient lever les épaules, parce qu'elles racontaient des quantités de dieux, des mariages de dieux avec les filles de la terre, des tromperies, des méchancetés de tel ou tel dieu faisant des ruses, des malices, des noirceurs aux hommes.
LAMART., Tailleur pierre, 1851, p. 511.
C.— P. ext. Penchant qui pousse à se jouer d'autrui. Éclair de malice; regard plein de malice :
4. ... il [Du Roy] se disait : « Cristi, si j'avais seulement cent mille francs nets pour me présenter à la députation dans mon beau pays de Rouen, pour rouler dans la pâte de leur grosse malice mes braves Normands, finauds et lourdauds, quel homme d'État je ferais... »
MAUPASS., Bel-Ami, 1885, p. 293.
Habileté qui tient de la magie ou de la prestidigitation. Lorsque j'étais professeur de mathématiques, au collège de Saint-Omer, j'ai connu des élèves étonnants qui finissaient par résoudre des problèmes très compliqués en dépit des règles d'usage, comme ça, par malice (BERNANOS, Journal curé camp., 1936, p. 1101).
Boîte à malice, sac à malice. Nouvelle volte-face [pour la petite danseuse], nouveau plongeon dans la boîte à malice, choix d'un nouveau masque attaché prestement, et réapparition à faire frémir (LOTI, Trois. jeun. Mme Prune, 1905, p. 24).
Bon tour, plaisanterie que l'on fait à autrui; paroles pleines d'artifice. Par antiphrase. La belle malice! Cette malice! Il imagina de mettre des pois dans un roseau creux (...) il ne pouvait s'empêcher de rire, heureux de sa malice (FLAUB., St Julien, 1877, p. 86) :
5. ... il [le vieil Oriol] lui expliqua longuement, avec des malices, des sous-entendus et des répétitions sans nombre, que s'il [le père Clovis] consentait à prendre un bain d'une heure (...) et à être guéri au bout d'un mois, ils lui donneraient cent francs.
MAUPASS., Mt-Oriol, 1887, p. 60.
Prononc. et Orth. :[malis]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1re moitié XIIe s. « méchanceté, inclination à nuire » (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, XLIX, 20 : La tue buche abundat de malice); 2. ca 1155 « disposition qui pousse à faire le mal » (WACE, Brut, éd. I. Arnold, 5164); fin XVe s. sans entendre la malice (COMMYNES, Mém., éd. J. Calmette, II, 265); av. 1648 « taquinerie sans conséquence » (VOI[TURE], 1. 2, 3 ds RICH. 1680); 1668 « penchant à dire de petites méchancetés pour s'amuser d'autrui » (BOILEAU, Satires, éd. A. Cahen, IX, 80). Empr. au lat. malitia « nature mauvaise, méchanceté; ruse, finesse » lui-même dér. de malus, v. mal1. Fréq. abs. littér. :1 084. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 1 046, b) 1 500; XXe s. : a) 1 964, b) 1 731. Bbg. CLÉDAT (L.). Malice. R. Philol. fr. 1917-18, t. 30, pp. 32-36.

malice [malis] n. f.
ÉTYM. 1120; lat. malitia « méchanceté; ruse, finesse », de malus. → 1. Mal.
1 Vieilli ou littér. Aptitude et inclination à faire le mal, à nuire, par des voies détournées. Malignité, méchanceté (→ Langueur, cit. 16). || La malice des hommes (→ Authentique, cit. 6). || Malice et perfidie humaine (→ Anonyme, cit. 3). || « La meilleure (femme) est toujours en malice féconde » (→ 1. Engendrer, cit. 4, Molière). || Bassesse (cit. 11), fausseté et malice. || Méchanceté faite par pure malice.Par ext. Astuce, ruse.
Emplois négatifs. — ☑ (V. 1692). Sans malice : sans méchanceté, sans détour, simple ou même naïf, ingénu (cit. 2). — ☑ Ne pas entendre malice à quelque chose, n'y rien voir de mal.
(1869; sans entendre la malice, XVe). Sans y entendre malice, sans y mettre aucune malice : sans songer à mal, sans mauvaise intention.Vx. || Un innocent fourré de malice, qui cache une mauvaise action, une fourberie, sous un air innocent.
1 (…) la malice implique plus évidemment encore que la malignité l'emploi de la ruse, des moyens subtils et artificieux.
Lafaye, Dict. des synonymes, Méchanceté, malice.
2 Tout ce que des enfers la malice étudie
A-t-il rien de si noir que cette perfidie ?
Molière, Dom Garcie, IV, 8.
3 (…) comme je suis sans malice, vous auriez le plus grand tort du monde, si vous me trompiez (…)
Molière, l'École des femmes, III, 4.
4 On est d'ordinaire plus médisant par vanité que par malice.
La Rochefoucauld, Maximes, 483.
5 Elle pèche sans malice, disais-je en moi-même; elle est légère et imprudente, mais elle est droite et sincère.
Abbé Prévost, Manon Lescaut, p. 166.
6 Alors, tout naïvement, sans y entendre malice (…) l'abbé me commença une historiette légèrement sceptique et irrévérencieuse (…)
Alphonse Daudet, Lettres de mon moulin, « Élixir du R. P. Gaucher ».
7 (…) le doigt mis sur les ridicules à la mode (…) de l'esprit, de l'entrain, beaucoup de gaîté dans beaucoup de méchanceté, — ou de malice, si vous préférez un mot moins fort.
Paul Léautaud, le Théâtre de M. Boissard, XVII.
Une malice : une ruse, un méchant tour. || Malice noire (→ Chatière, cit. 3), féroce (→ Glisser, cit. 49). || Malice cousue de fil (cit. 7) blanc. || La malice est un peu grosse ( Ficelle). || Malices couvertes de bonhomie (→ Damner, cit. 7).
8 Aux malices du sort enfin dérobez-vous.
Racine, Esther, III, 1.
9 (…) au moment de monter en voiture, la prétendue malade, par une malice infernale, prétexta à son tour, et peut-être pour se venger de mon absence, un redoublement de douleurs (…)
Laclos, les Liaisons dangereuses, XL.
2 (1667). Mod. Tournure d'esprit rusée et plaisante de celui qui prend plaisir à s'amuser aux dépens d'autrui. || Malice finaude (cit. 1) des Normands. || Une agilité (cit. 2) et une malice toutes simiesques. || Un peu, un grain (cit. 29) de malice. || Une pointe de malice et de moquerie (→ Commissure, cit. 1). || Réponse pleine de malice. Esprit, raillerie. || Des yeux pétillants de malice (→ In petto, cit. 2). || Éclair (cit. 14) de malice dans le regard.
10 Voltaire parut rajeunir pour s'égayer à ses dépens; en vers, en prose, sa malice fut plus légère, plus piquante, plus féconde en idées originales et plaisantes qu'elle n'avait jamais été. Une saillie n'attendait pas l'autre. Le public ne cessait de rire aux dépens du triste Lefranc (de Pompignan).
Marmontel, Mémoires, VII.
10.1 Il lui arrivait bien, parfois, de s'égayer aux dépens de ses petits pensionnaires et de leur tirer la queue, mais c'était malice et non méchanceté, car ces petites queues tortillées l'amusaient comme un jouet, et son instinct était celui d'un enfant.
J. Verne, l'Île mystérieuse, t. I, p. 416-417.
11 Puis il dit après un long silence, et non pas sans une malice secrète qui fit un instant briller ses yeux (…)
Bernanos, Sous le soleil de Satan, I, I.
3 Parole, action pleine de malice. || Dire des malices. Blague, facétie, plaisanterie. || Innocentes (cit. 16) malices. || Elle faisait des malices aux garçons. Diablerie, espièglerie, farce, misère, mistoufle, taquinerie, tour (→ Becqueter, cit. 3). || La belle malice ! Cette malice !, exclamations ironiques à propos de qqn qui croit avoir été malin. — ☑ Boîte à malice, à malices, à attrape.Sac à malice : sac des prestidigitateurs.Par ext. Ensemble des ressources, des tours dont qqn dispose.
12 (…) j'ai pensé que peut-être, ç'avait été de votre part une malice de produire cet effet sur l'auditeur, à peu près comme l'Arioste quand il déconcerte le lecteur en rompant mille fois son fil.
Sainte-Beuve, Correspondance, 34, 13 févr. 1827.
CONTR. Bénignité, bonté, candeur, innocence. — Naïveté, niaiserie, simplicité.
DÉR. (Du même rad.) Malicieux.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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